Nouvelle année : nouvelles résolutions?

Une nouvelle année s’accompagne parfois d’un désir de changement.
Peut-être avez-vous déjà fait l’expérience de prendre des bonnes résolutions … et de ne pas les tenir.
En effet, il n’est pas évident de changer ses habitudes.
Arrêter le tabac, se mettre au sport, manger sainement, diminuer son temps d’écran, améliorer ses relations au travail…
De beaux projets qui peuvent être balayés au premier coup de stress ou évènement perturbateur.

Changer ses habitudes prend du temps et se fixer des objectifs réalisables n’est pas évident. Les injonctions de la société sont nombreuses et parfois oppressantes.
Et s’il suffisait de s’observer soi pour découvrir son rythme, ses valeurs, afin de laisser plus d’espace dans nos vies pour ce qui est important pour nous, en abandonnant ce qui est nocif?

Commencer par s’observer.

Si vous pratiquez le yoga en cours de groupe ou individuel, peut être avez-vous remarqué que vos professeures vous guident en ramenant votre « focus », votre attention sur des points particuliers tout au long de la pratique posturale.
Il peut s’agir d’un point de concentration sur une partie du corps, sur le souffle ou même d’une intention comme repousser le sol avec ses appuis, allonger la colonne le plus possible ou accompagner les phases de votre souffle jusqu’au bout.
Cela permet de s’exercer à diriger son attention, à ne plus laisser son mental vagabonder. Et, quand vous perdez le focus et que votre mental vous entraîne en dehors de la conscience du moment présent, vos professeures vous encouragent simplement à ramener votre attention sur le souffle, le corps, l’intention dans la pratique.


La pratique sur le tapis va vous exercer à observer votre corps et votre psychisme. Parfois vous vous concentrez facilement, parfois non. Certaines postures sont plus aisées et cela va soit vous satisfaire, soit vous ennuyer. Cet exercice permet de s’observer simplement et d’en apprendre plus sur soi et son état du moment.

Dans les yoga-sūtra : nirodha-pariṇāma, samādhi-pariṇāma et ekāgratā-pariṇāma

Revenons au changement et voyons ce que nous en dit Patañjali dans les yoga-sūtra.
Dans le sūtra III-9, Patañjali nous parle de « nirodha-pariṇāma », le changement dit « du contrôle ».
Pratiquer en pleine conscience, c’est un début de changement.
Cela prépare également au prāṇāyāma et à la méditation de fin de séance.
Ceci amène de la clarté dans notre mental et change notre manière d’appréhender les choses. Un mental moins dispersé, plus serein, amène une action plus juste, et donc des changements plus réfléchis et adaptés.


Dans le sūtra III-11, Patañjali aborde le « samādhi-pariṇāma », le changement de « l’union complète ».
Le mental est alors centré sur une seule chose à la fois. C’est le moment de faire des choix.
Si le mental est dirigé vers l’amélioration de la santé, cela amènera naturellement à abandonner ce qui est nocif pour soi pour le remplacer par de nouvelles habitudes plus saines ou moins toxiques.


Dans le sūtra III-12, Patañjali en vient à « ekāgratā pariṇāma », le changement « focalisation ».
À ce stade, le changement d’habitude est fermement établi, dans une évolution stable, peu importe les difficultés.

Chacun son rythme et sa méthode

Le sūtra III-15 ramène l’idée qu’il n’y a pas de méthode universelle et l’importance de connaître son propre fonctionnement pour amorcer un changement.
Pour prendre de nouvelles résolutions et les tenir, il faut que le désir de changement soit compatible avec son tempérament et son rythme de vie.
Si je veux débuter une activité physique mais que j’ai des difficultés à me motiver, peut être sera-t-il plus facile pour moi de débuter en groupe.
Si je n’aime pas la contrainte, il sera peut être au contraire plus facile de faire une activité seul·e avec des horaires plus libres.
Et si j’ai tendance à faire les choses « à fond », il sera peut être important de veiller à garder de l’espace pour le repos et à ne pas pousser jusqu’à la blessure.

Nouvelle année… nouvelles résolutions?

Commencez donc par observer votre fonctionnement sur le tapis et dans votre vie quotidienne. Prenez ce temps afin de voir ce qui peut réellement fonctionner pour vous.
Gardez en tête cette phrase de T.K.V. Desikachar : « On doit commencer avec quelque chose qui convient. Dans le yoga, on insiste pour que l’on débute là où l’on est et avec ce que l’on aime. »1
Peut être que ce n’est pas le bon moment pour vous pour initier des changements.
Prenez le temps de vous observer, dans votre pratique et dans votre vie en interaction avec les autres, et voyez vers quoi vos valeurs profondes vous portent.
Et si vous souhaitez soutenir cette démarche avec le yoga, n’hésitez pas à participer à nos ateliers, retraites et cours de yoga!

  1. Le Yoga, un éveil spirituel. T.K.V. Désikachar. Édition Âgamât. ↩︎