Samtosa le contentement la gaieté

Comment faire vivre samtosa, le contentement, vers la gaieté?

YS 2.42 Du contentement parfait, il y a obtention d’un bonheur sans pareil.

Samtosa apparaît dans le chapitre 2 des yogas sutras. Dans ce chapitre Patanjali propose une démarche concrète, pratique, pour le yogi au mental instable. Il propose un cheminement à partir d’outils que sont l’ashtanga yoga.

Le yoga des 8 membres (ashtanga) représente la méthode, un chemin (sadhana) pour permettre au mental d’être moins agité.  

Les 8 membres

Les deux premiers anga présentés, sont les yamas et niyamas qui sont les manières dont nous sommes au monde, dont nous faisons face aux évènements. Tant dans notre façon de vivre, d’être avec et vers l’extérieur (yamas) qu’avec et envers nous-même (niyama). Le fait d’être et de vivre en lien avec d’autres est inhérent à notre condition humaine. Aussi yama et niyama ne sont pas à prendre les uns après les autres mais bien comme des guides de savoir-être.

Les yama présentent la discipline, au sens de principes ou règles de conduite, envers les autres et les niyama envers soi-même. Martyn Neal un des enseignants de l’IFY pose cette question quant au niyama : « quelle est votre style de vie ? ».

Quelle est votre style de vie? »

Tel un témoin attentif allons voir de plus près comment ce matin j’accueille le ciel gris, le vent et la pluie. Comment être satisfait quand ce matin je dois parcourir à vélo quelques kilomètres pour me rendre à un rendez-vous. Me contenter de ce qui est ? Ce n’est pas le premier chemin choisi par mon mental. Il préfèrerait être sous le soleil. Mon mental se laisse aller à cette frustration et indélicatesse des éléments, à son encontre. Et je peux me laisser colorer par ce mental frustré et bien égocentré. Et puis dans un élan de clarté, une question surgit: est-ce que cela dépend de moi ? Et plus largement, qu’est ce qui dépend de moi ? La météo non, en revanche comment vivre ce moment, me revient. Soit, je me laisse diriger par mon mental soit je l’oriente autrement, et cela passe vers davantage de perception du moment. L’heure du départ, m’habiller en conséquence pantalon, manteau de pluie. Et me voilà sur la route à sentir les éléments air, pluie, vent, sur mon visage, l’odeur des sols mouillés, la terre, l’herbe.

Ceci est un exemple ordinaire et sans conséquences importantes, mais à cultiver cette attitude dans l’ordinaire de situations simples, l’âpreté de certains évènements, se fera moins vive.

Le contentement

est une recherche de sagesse, en dépit des circonstances diverses que chacun connaît au cours de sa vie.

Samtosa ne peut se comprendre et se cultiver sans le mettre en résonance avec les autres aspects du yoga décrit dans l’ashtanga ; à vouloir le mettre en œuvre indépendamment des autres disciplines il en perd toute sa profondeur et devient une injonction au bonheur, contraire à ce qu’il est. Les évènements douloureux, difficiles existent et continueront d’exister « le yogin sincère entretient patiemment la satisfaction en toute chose. Le contentement ne dépend pas d’un monde instable, changeant, éphémère il prend sa source au plus profond du cœur. »

Ceci demande engagement et confiance. Le contentement ce n’est pas « être content », qui est éphémère. C’est vivre le moment pleinement.

Mignonne allons voir si la rose »

Ce sutra nous invite à cultiver la présence de l’instant. A l’instar de « Mignonne allons voir si la rose » , avec cette nuance que le poète nous amène à regarder comment la jeunesse périe. Chemin inéluctable mais à vouloir ne voir que la jeunesse, et chercher à la retenir nous passons à côté de ce qui est. Alors certes « cueillez votre jeunesse » mais davantage cueillez la jeunesse de chaque moment, chaque moment étant voué à naitre, être et disparaître, puisque tout n’est que changement.

Si gaieté, bonheur (sukha) nous obtenons, il ne s’agit pas d’un bonheur éphémère.

On ne choisit pas les évènements qui viennent à nous mais on peut choisir la façon de les recevoir. Le pari de sourire à ce qui se présente, commence avec les choses ordinaires que le quotidien offre dans ses moments anodins qui peuvent être, contentement. En opérant ce changement positif (parivritti), en souriant à ce qui est, le bonheur est. Sat cit ananda.